Journée d'étude "Les publics en ligne des archives et des bibliothèques patrimoniales"

1. Connaissance et renouvellement des usages en ligne

Présidence de séance : Bruno Ricard, sous-directeur de la communication et de la valorisation des archives, Service interministériel des Archives de France 


Connaissance et renouvellement des usages en ligne par Archives_nationales_Fr

 

Avant révolution numérique, le public se déplaçait ou écrivait, était inscrit en salle (donc identité, statistiques). Aujourd'hui le public est principalement sur le web, on ne le connaît plus. Stats de connexion ne permet de les connaître qu'imparfaitement. Inscription préalable sur le web ne correspond pas à l'esprit du web aujourd'hui. Consultation sur la loi numérique permet de voir des exemples de demandes d'usages des internautes.

Etude des publics internautes aujourd'hui objet d'études pour les chercheurs.

 

1.1. Quelles enquêtes pour quels usages ?

Valérie Beaudouin et Jérôme Denis, sociologues, Télécom Paris Tech


Quelles enquêtes pour quels usages ? par Archives_nationales_Fr

Résultats d'une convention de recherche entre Telecom ParisTech et BNF. Etude de la sociologie des usages, transformations des usages avec le numérique.

Objet de l'étude présentée : comment repenser le cadre épistemologique face aux bouleversements du web et au développement de Gallica, véritable révolution à la BNF.

Etat de l'art : quelles sont les grandes methodes d'appréhension des publics :

Études, à partir de grandes enquêtes . enquête quantitative, pour rendre compte des usages, mais cela reste l'enqueté qui s'exprime selon sa perception d'usage. Facile de faire des enquêtes quantitatives aujourd'hui, mais finalement dépréciation de la qualité. Enquêtes qualitatives n'ont pas bcp évolué avec le numerique, si ce n'est les études ethno : eyetracking pour étudier la pratique à l'écran

Veille : avant livre d'or, courrier des publics. Auj. Surdimensionné sur le web. Plateformes multiples pour exprimer les opinions et avis, forum, partage des commentaires. Méthodologies pour analyser ces opinions se met en place pour analyser ce que ces réseaux d'utilisateurs font avec leurs usages.

Audience : appréhender l'audience en centrant l'étude sur le site lui même ou sur les usagers. Auj. stats d'audience sur le web. Gallica pionnière en 2003 avec petit logiciel qui permettait d'enregistrer l'activité du panel pour situer Gallica dans l'écosystème. Approche centrée site biaise car on considère des urls et on ne peut pas percevoir réellement les usages.

Relations client. Espace personnel, commentaires.

Aujourd'hui on doit croiser les regards pour avoir une approche fine des usages.

Transformation majeure ds les études : on est passé d'une nécessité de connaître les publics à une nécessité de faire participer les publics. On veut construire des communautés pour faire participer, le client devient co-innovateur.

Sur Gallica :

  • Etudes quantitatives pour spécifier l'usager. Etudes qualitatives plus restreintes, comme par exemple sur une thématique. (Grande guerre).
  • Etudes sur l'audience, avec des indicateurs et analyse d'audience (xiti).
  • Veille : Une des grandes forces de Gallica. Connaissance et animation des pratiques en ligne, RSN comme lieux d'expérimentation et de connaissance des publics. L'institution tout aussi active sur les RSn que les publics.
  • Relations clients : peu de choses, connaissance des publics sur place, avec remontée de pratiques de Gallica pas forcément semblable aux remontées Gallica des RSN.

 

Variété des formes de présence : public, usagers d'interface, audience, sociotypes (démocratisation culturelle s'appuie sur ces sociotypes), communautés en ligne (forum grande guerre, communauté page FB, etc.) et les communautés de pratiques (personnes ne se revendiquant pas forcément d'un collectif, mais partageant outils équivalents).

 

Interrogations en interne : peut-on éventuellement produire des connaissances permettant de guider une politique documentaire et des métadonnées en amont, avant numérisation ?

Comment connaître les communautés qu'on découvre parfois par hasard ?

Comment re mêler problematiques des salles physiques et des salles en ligne ? Réfléchir à l'étape d'après (faire venir en salle depuis le web), et ne pas penser uniquement cannibalisation des salles physiques par le web.

 

1.2. L'identité des publics des bibliothèques numériques : une double approche

Anna Svenbro, Service du Livre et de la Lecture


L'identité des publics des bibliothèques... par Archives_nationales_Fr

Vocation culturelle des bibs , mais pas ou peu de vocation administrative.

Missions et objectifs d'une bibliothèque numérique.

Démarches possibles : corpus, recherche, valorisation culturelle (avec editorialisation). Publics concernés peuvent se h représentatifs. Les usages plus occasionnels ont tendance à être masqués.

Enquête sur les publics des bibs num, en excluant Gallica. 34 personnes répondent à l'enquête (je zappe les résultats car le panel est totalement insuffisant).

Sérendipité : première source d'entrée. 

 

1.3. Vous avez dit genealogiste ? Portraits des internautes des sites d'archives

Brigitte Guigueno, Service interministériel des Archives de France


Vous avez dit généalogistes ? Portraits des... par Archives_nationales_Fr

Rapport 2013 sur la politique des publics. Enquête du SIAF sur le public des archives en 2013-2014 : en salle, sur le web, activités culturelles. Enquête de deux mois sur 70 services ont participé. 18 000 réponses retenues (remplies à plus de 50 %). Première enquête en ligne des Archives de France. Peu d'études en ligne donc pas vraiment de comparatif en matière d'enquête en ligne dans le secteur culturel (enquête de 2011 sur Gallica). Se poser la représentativité du panel.

Chiffres 2014 : 300 millions de docs en ligne, 55 millions de visites, 2,6 milliards de pages vues, près de 160 services avec archives en ligne. 1 lecteur inscrit en salle pour 140 internautes

  • Internaute principalement généalogiste (94 % .. Sur 98 % d'archives départementales // les AD représentent 93 % des archives en ligne...). Profil type : homme, âgé, 60 ans, plutôt diplômé.. Le.gallicanaute lui est plus jeune, plus diplômé (étude 2011) et encore plus homme.
  • Etat civil principalement consulté (en mm tps c'est ce qu'il y a principalement en ligne). Ds 20 % des cas l’internaute n'a pas trouvé ce qu'il cherche...
  • Internaute des Services à compétence nationale (SCN) : h/f 50 % , plus jeunes (40 % de moins de 35 ans), avec essentiellement des chercheurs (normal, vu les fonds..). Consultation des différents espaces des sites internet plus équilibrés.
  • Internautes des archives municipales : généalogie : 50 % , public uj peu plus jeune, plus diplômé.

 

Consultation tout type service confondu, hors généalogie :

  • Principalement recherche historique (un peu poreux avec généalogiste) .

 

Statut socioprofessionnel croisé avec usages en ligne. Internautes qui viennent par curiosité 12 % .. Public à creuser.

Pratiques Internet : 18 % a un compte FB. Indexation collaborative pour 1/4 des internautes (2 fois plus que public en salle). Pratique modérée des RSN des archives... En mm temps l'existence de RSN archives reste limitée...

7 /10 lecteurs fréquentent le site. 3/10 internautes viennent en.salle. internaute est un voyageur. Rubriques d’action culturelle peu consultées. Les internautes viennent sur le site internet pour une recherche principalement.

Public internaute a des pratiques culturelles un peu plus élevée que les Français.

 

Satisfactions et attentes :

  • Points forts : informations, renseignements pratiques
  • Points faibles : ergonomie, accès aux docs numérisés, apparence.

Accès aux données sans médiation d'un professionnel comme en salle reste parfois ardu.

 

Ce qui est à développer : plus de docs numérisés, plus d'inventaires, plus de bases de données. Attente de moteur de recherche unitaire plein texte, complété avec indexation. Intérêt mineur pour l'activité culturelle.

Geoloc des données, pratiques collaboratives, espaces perso, teleservices.

Conclusion : internaute veut de la ressource archivistique, lisible et accessible.

 

Questions 


11h00 - Questions dans la salle et discussion par Archives_nationales_Fr

  • T. Heckmann (AD85) : pourcentage de généalogiste enorme.. Ms en même temps c'est principalement ce qu'on offre en ligne, si on enlève en ligne l'état civil et les recensements,... A nous de diversifier (B. Guigueno). Aujourdhui on a en partie constitué l'offre en ligne, on est plus ds l'ajustement de cette offre
  • Johanna Rolland (@peccadille) : les étudiants ne maîtrisent pas les portails, les outils pour réutiliser ces contenus. Universités proposent peu de formation à l'utilisation de ces recherches sur les portails de recherche. Réponse Anna Svenbo : difficulté à comprendre les contenus en ligne, difficultés à contacter un bibliothécaire pour demander des renseignements. Guislain Brunel : stratégie AN pour capter les etudiants est de passer par les univ, les laboratoires, les enseignants, pour toucher les étudiants (auj. M1 et m2, puis volonté de remonter en amont).

 

1.4. Table ronde Nouveaux services

 

  • L'Argonnaute, la nouvelle bibliothèque numérique de la BDIC

Frédérique Joannic-Seta, directrice adjointe de la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine 


Argonnaute, la nouvelle bibliothèque numérique... par Archives_nationales_Fr

Travail sur l'ergonomie et la réappropriation des données par les usagers. Argonnaute : bib num avec documents ds le domaine public ou diffusion autorisée + bib num intra car docs principalememt sous droits + cartable numérique pour les scolaires

Éviter la page blanche de l'internaute, donc dès page d'accueil visuels, portfolios. Découvrir, s'approprier. 

  • Découvrir : billet hebdo des internautes, expos virtuelles soit internes soit confiées à des étudiants. Bib num est aussi un outil de formation des étudiants. Entrée ds la bib num via un classement chrono thématique (arborescent, rare en bibliothèque). Recherche carto possible et frise chronologique.
  • Outils d'appropriation des contenus : outils collaboratifs (indexation de lieux, noms de personnes, qui ne sont pas contrôlés faute de temps, depuis le début juste 6 signalememts de commentaires spam), visualiseur embed.

Contenu éditorial permet bon référencement google. Accès direct de plus en plus, résultat d'un travail de dissémination important.

Point faible : pas de commentaire sur les billets de blogs (interaction sur les RSN surtout).

 Cartable numérique : ne ciblait pas assez public collegien et lycéen . cartable numerique est un anté site proposant des sélections de docs. Analyse d'images, travail avec etudiants préparant capes.

 

 

  • Loin des yeux, près du coeur : le e-services des AD05

Gaël Chenard, directeur des Archives départementales des Hautes-Alpes


Loin des yeux, près du cœur : le e-service des... par Archives_nationales_Fr

https://www.archives05.fr

 

Constat : quasi plus personne en salle depuis 2007 avec mise en ligne EC. L'an dernier 611 personnes, -46 % depuis 6 ans. 37 % de docs communiqués. D'une année sur l'autre -10 % en salle.

Lectorat n'est plus le lectorat physique : aujourd'hui pour les AD lectorat est virtuel. Se poser la question des moyens pour la communication, et notamment l'accompagnement des moyens de communication en ligne.

Site = interface avec les archives, avec possibilité d'obtenir des conseils.

Avant de lancer le projet, enquête en ligne : résultats le public veut des documents numérisés, notamment notaires et hypothèques (14 ans en fait pour le faire en interne)

Site construit à partir d'un internet qui a une question, sur le site ou google, avec possibilité de visioconf ou tutoriel, afin qu'il trouve des résultats, et qu'il puisse les partager.

Ils ont fait le deuil de choses chères aux archivistes : déplacement en salle, "document original est sacré ", "le lecteur cherche un document "(non il cherche une info), "accueil en salle est le mieux (non ca dépend sur qui on tombe en salle), mettre le plus possible sur internet (non, ce dont les gens ont besoin), on doit mieux servir les gens qui se déplacent (noj, égalité de traitement du servuce public, on doit aussi bien servir internautes).

Interface très brute type google. Facettes tirées à partir des index, affichage à plat.

 

Tutoriel : recherche pas à pas puisque les gens cherchent une info, en langage naturel. Questions simples à l'internaute (etat civil, hypothèque et enregistrement). Visio conf pour prendre rdv avec un archiviste.

 JE publics2015 AD05 ratio consultation doc num

Ratio d’usage (vues) d'un même doc :

  • document généalogique : vu 5,8 /an,
  • icono : vu 0,61.

Par exemple numériser l’icono et notaires, c'est faire bcp de numérisation pour peu de vues. Numérisation en masse des fonds sériels uniquement.

Numérisation à la demande : engager le coût sur une vraie demande.

Tous les services d'archives font de la num à la demande. Chiffres SIAF stables (moins 100 000 images par an pour 71 départements). AD05 : 974 images faites en 2014, plus de 16 000 images en 2015. Service qui marche car conditions économiques réunies (25 centimes la vue) : option possible partout, sur tous les fonds. Numérisation de toute la cote, même si une vue demandée.

Les archives doivent devenir un service… 47 % des demandes sont des actes notariés.

3 ETP sont sur la numérisation qui tourne 10h par jour. Capables de faire 100 000 images par an.

 

  • La nouvelle version de Gallica : travailler avec les gallicanautes à la refonte de leur bibliothèque numérique

Mélanie Leroy-Terquem, adjointe au chef de service de la coopération numérique et de Gallica, BNF


La nouvelle version de Gallica par Archives_nationales_Fr

Projet de refonte de Gallica lancé en 2013 pour simplifier interface, outils intuitifs et ergonomiques, ergo responsive. Plate-forme bêta Gallicalabs qui a été communiquée et mise en avant afin de tester au fur et à mesure, avec retour des internautes, accès directement depuis la version en prod pour voir le visualiseur bêta.

 

Sur 40-50 000 internautes / jour, environ 2000 cliquaient sur le lien vers Labs, dont 5/10 écrivaient et donnaient un avis. Soit 600 messages de commentaires. 70 % des messages concernent les fonctionnalités, les bugs, avec remontées concernant les pratiques et d'autres portails utilisés.

Cela a permis de continuer à tisser des liens avec les gallicanautes. Gallicanautes mis en avant sur une page du blog. Rendre et partager aussi ce que les usagers donnent à la bibliothèque.

Adaptation de l'interface aux pratiques (moteur de recherche, zotero). Recherche exacte rajoutée car recherche floue depuis 2012. Bouton décaler d'une page. Raccourcis clavier.

JE publics2015 gallica retour gallicanautes 

JE publics2015 gallica retour gallicanautes 2

 

 Questions


12h15 - Questions dans la salle et discussion par Archives_nationales_Fr

 

  • AD05 (après question de L. Maurel) : libre et gratuite réutilisation des images, licence etalab. Conditions pour faire un service de numérisation à la demande. Pas de redevance donc. Mise en ligne des images numérisées (modèle BNF) : qd c'est numérisé pour un, c'est numérisé pour tout le monde, ms 6 mois d'exclusivité pour le demandeur (pour ne pas saturer les chaînes de traitement). Actuellement pas de paiement en ligne car plateforme tipi (état) problème.
  • AD41 pose la question de l'identité locale dans la réponse des internautes (Vendée, hautes alpes, ont essaimé au niveau historique). AD05 : la vraie question est comment on est présent sur le net, comment est on visible ? Est ce que mes ressources vont être mieux exposées que celles du voisin pour être mieux trouvé ?
  • Si doc communicable mais en deçà des 100 ans de la.cnil... : AD05 : évaluation des risques, selon le document, cela dépend des documents, certains sont mis en ligne au bout des 6 mois. Délai entre demande et devis : 3j, et 3 j de traitement et envoi de la num.

 

Mots-clés: Commons, contribuer, image, Internet, médiation, travail collaboratif, valorisation, journée d'étude, public

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